Communiqué de la SLLMOO sur la réforme du concours du CAPES

Par Louis-Patrick Bergot, le 10 septembre 2019

La SLLMOO, Société de Langues et de Littératures Médiévales d’Oc et Oïl, se félicite du report du concours du CAPES de la première à la seconde année du Master, dans la mesure où ce report est susceptible de garantir une meilleure formation disciplinaire des enseignants, condition de la revalorisation de leur statut.
Cette opportunité, peut-être historique, semble remise en cause par les négociations en cours, et en particulier par l’hypothèse d’une seule épreuve académique à l’écrit du concours du CAPES, alors même que les enseignements de didactique auront déjà diminué en amont, dès la L2, la part de la formation disciplinaire.
Dans le cas, bien connu de la SLLMOO, du CAPES de Lettres modernes, l’hypothèse d’une unique épreuve disciplinaire aurait des conséquences dramatiques, dans la mesure où elle obligerait à choisir entre l’évaluation du niveau de compétence en composition française ou en langue française. Or ces deux composantes sont également indispensables à la formation d’un futur enseignant de Lettres, quand tous les rapports soulignent, unanimement, la faiblesse de la maîtrise de la langue française des élèves et étudiants.
L’actuelle épreuve de langue française au concours est particulièrement bien équilibrée puisqu’elle associe la perspective diachronique de l’histoire de la langue, la grammaire, la stylistique ainsi que, déjà, la didactique de la langue. Cette épreuve suppose une formation disciplinaire de qualité, majoritairement assurée au sein des universités et seule garante de la maîtrise de la langue française. La première professionnalisation d’un enseignant est sa compétence disciplinaire. Les copies corrigées au concours montrent qu’un candidat peut être tout à fait capable d’élaborer une séquence pédagogique convaincante, avec tout le vocabulaire requis, sans que ce « savoir-faire » didactique serve la transmission d’un savoir disciplinaire élémentaire.
En conséquence, la SLLMOO demande avec la plus grande vigueur aux Ministères concernés de maintenir la formation et l’évaluation disciplinaires des futurs enseignants, avec deux épreuves académiques au concours du CAPES de Lettres modernes, dont une de langue française envisagée en diachronie sur le modèle actuel. Elle demande également le maintien de la littérature française à l’oral de ce même concours, non réductible à un simple entretien d’embauche. La fiabilité du contrôle des connaissances des futurs enseignants de Lettres est indispensable à leur image dans la société d’aujourd’hui ; en rabaisser l’exigence ne hausserait pas l’attractivité de la profession d’enseignant, bien au contraire.

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