Meurvin. Prose épique du XVIe siècle, éd. Claude Roussel, Genève, Droz, « Textes littéraires français », 2026.

Meurvin, fils d’Ogier le Danois et de la fée Morgue, fait une entrée tardive et discrète dans l’univers épique médiéval. Son histoire n’est plus connue que par une version en prose dont le plus ancien témoin est le livre imprimé à Paris par Pierre Sergent et Jehan Longis en 1540. L’auteur anonyme de ce texte assure avoir « traduit » en prose un poème, vraisemblablement composé au XIVe siècle, qui prolonge le remaniement en alexandrins de La Chevalerie Ogier. Le récit combine des éléments très disparates. Sur une thématique proprement épique, dominée par l’omniprésence de la croisade, avec toutefois ici un enchaînement insolite d’abjurations et de fausses conversions, il tisse un réseau dense de corrélations interfictionnelles qui en font un authentique « centon épique » (F. Suard) ; il affiche en outre, par un recours complaisant à la magie noire et aux interventions diaboliques, une tonalité fantastique originale, de plus en plus prégnante au fil du récit. L’édition de Claude Roussel propose une riche introduction littéraire et linguistique, ainsi qu’un glossaire et un index.
ISBN : 978-2-600-06571-9
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Ursula Bähler, Gaston Paris et la philologie romane, avec une réimpression de la Bibliographie des travaux de Gaston Paris publiée par Joseph Bédier et Mario Roques (1904), Genève, Droz, « Titre courant », 2025.

Gaston Paris (1839-1903), grand pionnier de la philologie romane, est sans doute l’un des médiévistes français du XIXe siècle les plus cités de nos jours encore. Il n’avait jamais fait l’objet d'une étude d’ensemble que propose enfin Ursula Bähler. À l’aide notamment de la très riche correspondance du savant, elle dégage des aspects centraux de la vie et de l’œuvre de Gaston Paris. Elle s’interroge ainsi tant sur le devenir complexe du philologue, souvent déformé par l’historiographie officielle, que sur les mécanismes mis en œuvre par Gaston Paris et ses collègues pour « professionnaliser » la nouvelle discipline, réputée « germanique », dans un climat fortement imprégné des tensions franco-allemandes. L’univers intellectuel du savant ainsi que son attitude vis-à-vis du Moyen Âge et de sa littérature sont ensuite examinés. L’étude, enfin, répond à une question, essentielle : en quoi l’œuvre et la pensée de Gaston Paris nous concernent-elles encore ? En annexe, on trouvera la réimpression de la Bibliographie des travaux de Gaston Paris établie en 1904 par Joseph Bédier et Mario Roques.
ISBN : 978-2-600-00581-4
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Cécile Rochelois et Dominique Vaugeois (dir.), Le Soc et la plume. Mots et voix de la ruralité, de l'Antiquité à la littérature française contemporaine, Genève, Droz, « Histoire des Idées et Critique Littéraire », 2025.

Le Soc et la plume rassemble les réflexions menées par vingt-huit chercheurs et écrivains sur l’écriture de la ruralité dans la littérature française du Moyen Âge à nos jours, ainsi que dans l’Antiquité grecque et latine. Tous se posent la question de la valeur heuristique de la notion de ruralité pour relire les textes qu’ils étudient ou écrivent. On interroge d’abord les mots et motifs qui inscrivent la ruralité dans la littérature au sens large : ses noms et ses adjectifs, qui évoluent à travers les siècles, ses lieux, ses activités, ses personnages humains avec leurs qualités et leurs défauts, ses animaux, ses plantes ou ses objets. On se demande ensuite qui écrit sur le monde rural et pourquoi. À travers les voix et perspectives qui s'expriment dans des genres bien identifiés ou des écritures de la terre plus marginales interviennent alors des valeurs culturelles et politiques. Les enjeux lexicologiques, encyclopédiques, poétiques et idéologiques de cette recherche collective trouvent enfin une résonance singulière chez deux auteurs – Pascal Commère et Marie-Hélène Lafon – qui font exister aujourd’hui une écriture de la ruralité dans un monde qui s’éloigne des réalités rurales.
ISBN : 978-2-600-06627-3
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Marie-Luce Chênerie, Le chevalier errant dans les romans arthuriens en vers des XIIe et XIIIe siècles , Genève, Droz, coll. « Titre courant », 2025.

À la figure du chevalier errant, personnage de synthèse plus que n’importe quel autre type héroïque de la littérature médiévale, ce livre de référence consacre une étude fondée sur le corpus des romans arthuriens en vers des XIIe et XIIIe siècles dont Chrétien de Troyes reste le promoteur et le point constant de référence. Il s’intéresse aux interférences de la mémoire, de l’imaginaire et de la réalité à partir d’une approche sollicitant le vocabulaire, l’histoire conçue comme l’étude d’un groupe social (l’aristocratie) et la symbolique. Il s’agit d’un ouvrage de base indispensable à qui s’intéresse à la typologie du monde arthurien, mais aussi d’une véritable somme car il offre un répertoire de renseignements détaillés sur les protagonistes des fictions arthuriennes en vers depuis Chrétien de Troyes jusqu’à l’Escanor de Girard d'Amiens et au roman de Claris et Laris. Par ses relevés et ses notes, ses précieuses mises au point, son importante bibliographie et ses quatre index, Marie-Luce Chênerie offre aux lecteurs une sorte de mappa mundi arthurienne grâce à laquelle on peut facilement s’orienter dans une matière aussi vaste que déroutante.
ISBN : 978-2-600-00580-7
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Valentine Eugène, Le Roman de Renart et les péchés de langue, Genève, Droz, coll. « Publications romanes et françaises », 2025.

Dans ce livre, Valentine Eugène met en regard les discours théologiques et moraux (1190-1260) sur les fautes langagières (mensonges, parjures, blasphèmes, injures, etc.) et le discours littéraire en langue d’oïl. Examinant la façon dont celles-ci se diffusent dans le Roman de Renart (1185-1250), ce travail répond à un double enjeu : apporter un nouveau regard sur la parole dans ces contes et engager une réflexion plus globale sur les représentations de situations linguistique et sociolinguistique historiquement datées. L’analyse littéraire s’y confronte sans cesse à des questions de diachronie, de linguistique, de lexicologie, de stylistique, d’éthique et de théologie. La question de savoir comment les célèbres aventures du goupil réfléchissent (par un mouvement spéculaire) et réfléchissent sur ce siècle d’intense production sur les déviances verbales constitue l’un des fils rouges de la réflexion.
ISBN : 978-2-600-06614-3
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