Valérie Fasseur, Paradoxes du lettré (Droz, 2021)

Par Louis-Patrick Bergot, le 04 mai 2021Lire la suite

Valérie Fasseur, Paradoxes du lettré. Le clerc-poète et son lecteur laïc à l'épreuve des polémiques intellectuelles (XIIIe siècle), Genève, Librairie Droz (Publications romanes et françaises, 272), 2021, 768 p.

Date de parution : mai 2021

ISBN : 978-2-600-06249-7

Traversé par des polémiques intellectuelles dont l’argument central est l’accusation d’hérésie, le XIIIe siècle, profondément marqué par l’idéologie du concile de Latran IV, voit émerger un nouveau mode de relation entre le lettré, clerc-poète, et son lecteur laïc. Cible d’un discrédit généralisé mais passeur de doctrine et éveilleur de foi, le lettré assume sa posture paradoxale et en joue. Tirant parti des possibilités offertes par la matérialité du livre et le développement de la lecture individuelle, il multiplie à son tour les modalités paradoxales d’écriture afin d’entraîner son lecteur dans une interaction qui n’est autre qu’une expérience de liberté partagée : conquête et légitimation de la parole d’autorité se construisent par le complexe agencement du processus de transmission doctrinal. Ce livre, en analysant et en confrontant les itinéraires de lecture que sollicite un corpus d’œuvres de langue d’oïl et de langue d’oc choisies à dessein pour leur diversité formelle, met au jour le rôle inédit de la littérature en langue romane, qui redouble l’entreprise apologétique de l’institution ecclésiale sans adopter ses méthodes coercitives.

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La Cité de dieu de saint Augustin traduite par Raoul de Presles (1371-1375). Livres VI-X, éd. Béatrice Stumpf, Olivier Bertrand, Silvère Menegaldo et Marta Andronache, Paris, Honoré Champion (Linguistique, traduction et terminologie, 6), 2021, 760 p.

Date de parution : 28 avril 2021

ISBN : 9782745355560

Le De Civitate Dei contra paganos fut écrit par saint Augustin au Ve siècle de notre ère et ne fut traduit en français pour la première fois qu’à la fin du Moyen Âge. Cette traduction a été réalisée par le juriste Raoul de Presles sur la commande du roi Charles V entre 1371 et 1375. Le manuscrit qui a servi de base à la présente édition est le BnF, fr. 22912, manuscrit royal copié vers 1376 et inscrit à l’Inventaire des livres de la bibliothèque royale en 1380. Le traducteur, outre sa propre traduction des vingt-deux livres de la Cité de Dieu, propose à la suite de chaque chapitre traduit – pour les dix premiers livres – une « exposition », sorte de glose-commentaire qui renseigne le lecteur moderne sur la réception que le XIVe siècle fit du chef-d’œuvre d’Augustin. Ainsi, cette édition entend combler un manque. En effet, celle-ci donne accès à cet immense texte dans une version inédite – la dernière édition du texte de Raoul de Presles date de 1531 – et propose aux lecteurs modernes l’interprétation que fit le bas Moyen Âge de ce texte d’autorité.

Le premier volume de la présente édition contient deux tomes : le tome 1 (introduction, bibliographie, prologues, livres I, II et III, index) et le tome 2 (livres IV et V, index). Il est le fruit d’un travail collaboratif financé par l’Union Européenne (European Research Council) et effectué au sein du laboratoire ATILF (Analyse et Traitement Informatique de la Langue Française) en collaboration avec l’université de Cergy-Pontoise.

Le présent volume (volume 2) contient les livres VI à X de l’ouvrage d’Augustin et clôt ainsi un premier ensemble des dix premiers livres qui, selon la tradition manuscrite, forme un tout que l’évêque d’Hippone lui-même appelait de ses vœux.

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La Matière épique dans l’Europe romane au Moyen Âge. Persistances et trajectoires, dir. Anna Constantinidis et Cesare Mascitelli, Paris, Classiques Garnier (Rencontres, 493), 2021, 240 p.

Date de parution : 21 avril 2021

ISBN : 978-2-406-11100-9

Au Moyen Âge, l’épopée française a exporté son patrimoine formel et thématique au-delà de ses propres frontières, génériques et géographiques. Les études réunies dans ce volume explorent différentes modalités et trajectoires du réemploi de la matière épique dans l’espace roman médiéval.

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La Deuxième Continuation du Conte du Graal, éd. Francis Gingras, trad. Francis Gingras et Marie-Louise Ollier, Paris, Honoré Champion (CCMA, 54), 2021, 960 p.

Date de parution : 13 avril 2021

ISBN : 9782380960303

Après cinq ans d’amnésie, Perceval part en quête de la cour du Roi Pêcheur, où il a vu autrefois un objet mystérieux, le graal, et une lance qui saigne. Mais la rencontre avec une demoiselle aux allures féeriques l’entraîne dans une quête parallèle : celle de la tête d’un Blanc Cerf, que la jeune fille exige en échange de son amour. Dès lors, les aventures se multiplient. Perceval affronte géants et ravisseurs de demoiselles, fréquente sépultures et châteaux déserts. Il est ramené vers des figures de son passé et se mesure aux chevaliers de la Table Ronde. Après bien des détours du côté de la féerie, il retrouve enfin le Château du Graal, où se pose la question de la conclusion du récit et de la possibilité d’une autre continuation du roman.

Ce roman, qui prenait pour la deuxième fois le relais du Conte du Graal laissé inachevé par Chrétien de Troyes, est présenté ici dans une nouvelle édition accompagnée de sa traduction en français moderne, mais également des passages les plus substantiels d’un manuscrit où ce texte était copié de manière indépendante. Il peut ainsi être lu aujourd’hui, comme il l’a été au Moyen Âge, avec ou sans le texte qu’il promettait de continuer.

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Frédéric Duval, "La tradition manuscrite du Lai de l'Ombre" de Joseph Bédier ou la critique textuelle en question, Paris, Honoré Champion (Textes critiques français, 4), 2021.

Date de parution : 25 mars 2021.

ISBN : 9782745355058

Joseph Bédier (1864-1938) s’est illustré dans le champ de l’édition des textes en remettant en cause la prétendue « méthode de Lachmann ». En renonçant à la reconstruction d’un original perdu au profit d’un témoin manuscrit corrigé au minimum, Bédier a ouvert le principal débat de la philologie romane du XXe siècle. « La tradition manuscrite du Lai de l’Ombre » (1928) énonce avec talent les raisons qui ont poussé Bédier à refuser toute reconstruction sur des bases généalogiques. Sa réception fut considérable : elle a influencé des générations d’éditeurs, souvent qualifiés de « bédiéristes », et a stimulé la réflexion des tenants de la reconstitution. Malheureusement, le discours philologique de Bédier, qui innerve encore les pratiques ecdotiques contemporaines, a été souvent caricaturé ou schématisé. La présente édition vise à permettre au lecteur non averti de suivre au mieux l’argumentation de Bédier, en la situant dans son contexte de rédaction sans jamais perdre de vue son lien avec les pratiques éditoriales du XXIe siècle.

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