Jean Devaux et Matthieu Marchal (dir.)

L'Art du récit à la cour de Bourgogne. L'activité de Jean de Wavrin et de son atelier

Actes du colloque international organisé les 24 et 25 octobre 2013 à l'Université du Littoral - Côte d'Opale (Dunkerque)

Paris, Honoré Champion, 2018

Jean, bâtard de Wavrin (ca 1400-1475), fut tout à la fois homme d’armes et diplomate au service du duc de Bourgogne Philippe le Bon, mais aussi chroniqueur et amateur de livres : de même qu’il entreprit, dès 1446, la rédaction de son recueil des Croniques et anchiennes istories de la Grant Bretaigne a present nomme Engleterre, oeuvre historique inédite vouée à ce royaume dont les ducs de Bourgogne se firent, pour un temps, les alliés, il s’appliqua à réunir, au fil des années, une collection de romans de chevalerie en prose illustrés dans l’officine du « Maître de Wavrin », artiste lillois anonyme qui doit son nom à son commanditaire principal. Conçu dans une perspective interdisciplinaire, aux confins de la philologie, de l’histoire et de l’histoire de l’art, le présent ouvrage regroupe les actes des rencontres qui se sont tenues à l’Université du Littoral – Côte d’Opale (Dunkerque) les 24 et 25 octobre 2013. Ainsi vise-t-il à éclairer d’un jour nouveau le véritable foyer littéraire et artistique dont Jean de Wavrin fut le maître d’oeuvre et la remarquable impulsion donnée par la cour de Bourgogne à l’évolution de l’art du récit.

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Andrea Ghidoni, L'eroe imberbe

Par Patrick Moran, le 06 novembre 2018Lire la suite

Andrea Ghidoni

L’eroe imberbe. Leenfances nelle chansons de geste: poetica e semiologia di un genere epico medievale

Alessandria, Edizioni dell’Orso, 2018 («Scrittura e scrittori. Nuova serie»), 444 p.

ISBN: 978-88-6274-856-8

Comment naît et grandit un héros? Quels sont les débuts de sa carrière? Poussés par l’appétit narratif du public féodal-courtois, les trouvères des chansons de geste essayèrent de répondre à ces questions en composant des poèmes sur les premiers exploits des héros les plus populaires du Moyen Âge français. Mais la naissance et la jeunesse du héros devinrent rapidement des thèmes presque obligatoires dans toutes les chansons qui racontaient la biographie des anciens chevaliers de Charlemagne : une enfance troublée, souvent plus proche au conte de fées qu’au poème épique, devient signe et synonyme d’héroïsme.

Ces récits sur l’initiation du héros sont connus par le public médiéval et les philologues modernes sous le nom d’enfances. Le héros garçon ou novice apparaît sous différentes formes dans l’épopée médiévale française : en tant que thème générique, motif épisodique, protagoniste de textes qui lui sont entièrement dédiés. Les objectifs du héros imberbe sont principalement trois – l’investiture chevaleresque, la conquête d’un fief et celle d’une femme – et autour de lui apparaît une constellation d’autres personnages récurrents : les parents, la belle-mère, le roi au service duquel le jeune combat, les princesses follement amoureuses qui l’aident dans ses exploits ; et encore, bêtes féroces, brigands, guerriers infidèles, usurpateurs qui le menacent ou le forcent à l’exil.

Cet étude définit la poétique du genre des enfances et les traits saillants de ces textes, en illustrant l’évolution de la technique narrative médiévale à travers une tradition littéraire qui s’est développée en France du XIeau XIVesiècle.

Thomas Basin, Histoire de Charles VII et Louis XI

Par Patrick Moran, le 25 octobre 2018Lire la suite

Thomas Basin

Histoire de Charles VII et Louis XI

Introduction, traduction et notes par Joël Blanchard, Franck Collard et Yves de Kisch

Pocket, collection : Agora, 2018, 912 p.

Surgi de notre oubli immérité, Thomas Basin (1412-1491), évêque, politique et historien de son siècle, nous est rendu par cette traduction nouvelle de son Histoire des règnes de Charles VII et Louis XI. Depuis trop longtemps, l’écrivain ne nous était plus accessible. Il revient, acteur de son temps, partisan assurément (il a par exemple l’art et la manière de se faire détester de Louis XI) ; il n’en est que plus précieux. La haute idée qu’il a de ses mérites le fait appeler à sa rescousse toute sa culture, de Salluste et Suétone aux Évangélistes, voire au Tout-Puissant... Historien, il fait de son écriture une arme, non sans maladresse parfois. Mais le témoignage reste d’autant plus passionnant qu’il est animé par un fort ressentiment, bien peu religieux, avouons-le. Outre l’importance de ces textes, dûs à un contemporain de ce qui est décrit, nous découvrons un temps vécu, un ressenti dans sa brutalité, dans ses rancœurs, mais aussi dans la construction de l’État. Nous ne devions pas nous priver plus longtemps de l’œuvre majeure de Thomas Basin, relue à la lumière des acquis les plus récents de l’Histoire.

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L'Ombre de Joseph Bédier. Théorie et pratique éditoriales au XXesiècle, éd. par Craig Baker, Marcello Barbato, Mattia Cavagna et Yan Greub, Strasbourg, ÉLiPhi, 2018 (TraLittRo - Études et textes romans du Moyen Âge - ETRMA, 3).

ISBN 978-2-37276-022-5, V+380 pp., 45€

Le spectre de Joseph Bédier hante l’Europe des philologues. Quelle est l’édition conservatrice qui n’a pas été taxée de bédiérisme ? À son tour, quel est l’éditeur conservateur qui n’a pas accusé autrui d’être plus bédiériste que lui, ou, à l’inverse, utilisé contre l’interventionnisme des arguments qu’il attribuait à Bédier ?

De toute évidence, le bédiérisme continue à être reconnu, encore aujourd’hui, comme une puissance agissante, ou au moins comme une position par rapport à laquelle se situer lorsqu’on édite un texte médiéval ou discute son édition. Le présent ouvrage tente de mieux cerner ce qu’a été la révolution bédiériste et en quoi consistent les courants ou les attitudes qui ont pu être (ou sont encore) nommés ‘bédiéristes’. Au passage, il cherche à éliminer certaines fausses questions. Son dessein n’est pas de discuter de la meilleure méthode d’édition, mais de chercher derrière la légende du bédiérisme la réalité de la pratique de Bédier, de sa théorie, de la théorie qu’il a combattue et des pratiques qui se sont développées dans son sillage.

Avec des contributions de: R. Antonelli, Cr. Baker, M. Barbato, A. Corbellari, Fr. Duval, G. Fiesoli, Y. Greub, Fr. Lebsanft, L. Leonardi, Ph. Ménard, G. Palumbo, G. Roques, P. Sánchez-Prieto Borja, M. Tyssens, † A. Varvaro et F. Zinelli.

Site de l'éditeur, où il est possible de commander le volume en ligne : http://eliphi.fr

Élodie Burle-Errecade et Valérie Gontero-Lauze (dir.)

Le Manuscrit unique. Une singularité plurielle

Paris, Sorbonne Université Presses, 2018

Œuvre dont il ne reste qu’un seul exemplaire, le manuscrit unique nécessite, pour les médiévistes, une adaptation et une façon. On peut même partir de l’affirmation que tout manuscrit médiéval est unique, en tant qu’objet d’art (objet-livre et recueil d’enluminures) et version originale d’un texte (et ce jusqu’à l’invention de l’imprimerie). Cet ouvrage le démontre, l’unicité du livre est pour cette époque à la fois commune – le manuscrit dans sa forme même de copie est toujours unique – et singulière, dans les questions de production, de lecture et de réception qu’elle continue indéfiniment de poser. Électron libre d’une hypothétique tradition, le manuscrit dit "unique", souvent mystérieux et problématique, ouvre la voie à une riche réflexion dont les textes ici rassemblés sont un reflet.

Le manuscrit unique interroge en premier lieu la réception : pourquoi une œuvre nous est-elle parvenue dans un seul manuscrit ? Est-ce à dire que nous avons failli ne jamais la connaître (comme certaines œuvres de Chrétien de Troyes, dont nous ne connaissons que le titre) ? Le manuscrit unique introduit corollairement des problèmes d’édition. L’objet-livre médiéval, lorsqu’il est la source unique dont nous disposons, ne nous est pas forcément familier et demande un travail de lecture et d’interprétation spécifiques. C’est la question de l’intertextualité qu’ouvre pour nir le manuscrit unique. Comment lire ce texte, sinon à la lumière d’autres œuvres ? Les éditions de textes conservés dans un manuscrit unique s’attachent-elles généralement à retrouver les topoï du genre, à établir des comparaisons et des rapprochements avec des textes similaires et/ou contemporains ?

Le volume Le Manuscrit unique est issu du colloque de la SLLMOO qui s'est tenu à l'Université d'Aix-Marseille en septembre 2010.

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