Patrick Moran, Le Marché céleste (Droz)

Par Yoan Boudes, le 04 juin 2026Lire la suite

Patrick Moran, Le Marché céleste. Essai sur l’émergence des genres littéraires narratifs au Moyen Âge, Genève, Droz, « Publications romanes et françaises », 2026.

Comment les genres littéraires émergent-ils ? À partir de quand un corpus contient-il suffisamment de textes pour que ses lecteurs éprouvent le besoin de les trier et de les regrouper par affinités ? Lorsqu’une littérature s’élabore de manière expérimentale par coups d’essai et coups de sonde, sans le poids d’un apparat théorique ou d’une tradition antérieure, d’où viennent les lignes de force qui vont rassembler et distinguer les œuvres entre elles ? Les premières décennies de la littérature narrative d’expression française au Moyen Âge – des origines jusqu’à l’émergence de la prose littéraire autour de 1200 – constituent un laboratoire générique où auteurs et lecteurs construisent ensemble un paysage poétique aux potentialités multiples, tantôt fixe, tantôt fuyant. Patrick Moran propose ici, à travers l’examen de cette période décisive, d’étudier les mécanismes qui gouvernent notre pulsion catégorisante.

ISBN : 978-2-600-06729-4

Retrouvez la présentation et la table des matières sur le site de l'éditeur. ainsi que la présentation dans le document ci-joint

Relire Cligès de Chrétien de Troyes (SILC)

Par Yoan Boudes, le 04 juin 2026Lire la suite

L'ouvrage, intitulé Relire Cligès de Chrétien de Troyes. "Un nouvel conte rancomance" est disponible en ligne, au format PDF, sur le le site internet de la branche française de la Société Internationale de Littérature Courtoise. L'ouvrage est coordonné par Nathalie Koble, Vanessa Obry et Geoffrey Derain, à la suite de la Journée d'étude organisée à l'Ecole normale supérieure le 31 janvier 2026.

Tristan en prose, tome I. Édition du manuscrit BnF fr. 756, présentée, éditée et annotée par Federica Buttò, Paris, Honoré Champion, coll. « Classiques français du Moyen Âge », 2026.

Dix-neuf ans après la dernière publication d’un volume du Tristan en prose (2007), ce travail vient compléter l’édition s’appuyant sur le ms. BnF fr. 757 en rendant accessible la première moitié du roman, contenue dans le codex BnF fr. 756. En plus de mettre à disposition le texte d’un témoin important, la nouvelle édition met en évidence de nouveaux liens entre certains codices de la tradition manuscrite, apporte des informations supplémentaires sur les témoins utilisés pour la collatio et des éclaircissements sur l’histoire du ms. fr. 756, et contribue aux travaux linguistiques sur le franco-italien et sur le « français de Naples ». Tout cela a été possible grâce à une approche pluridisciplinaire croisant paléographie, codicologie, histoire, philologie, littérature et linguistique. Ainsi ce travail ouvrira de nouvelles pistes de recherche sur la tradition manuscrite du Tristan en prose, qui reste un champ d’investigation ouvert et prometteur. Nous mettons, enfin, à disposition de la communauté scientifique une édition qui comble une lacune éditoriale du Tristan en prose en permettant de le lire, pour la première fois, d’un seul tenant à partir d’un manuscrit unique, le BnF fr. 756-757.

Federica Buttò est docteure en langue et littérature française médiévale. Elle a soutenu sa thèse de doctorat le 15 décembre 2023 à l’Université Rennes II, en cotutelle avec l’Université de Sienne.

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André le Chapelain, De l'amour (Droz, 2026)

Par Yoan Boudes, le 14 avril 2026Lire la suite

André le Chapelain, De amore. De l'amour, introduction, édition et traduction de Pascale Bourgain, Genève, Droz, coll. « Texte courant », 2026.

Mi-intéressé, mi-narquois, le chapelain de la comtesse Marie de Champagne observe les manèges de la cour comtale et le savoir-vivre amoureux qui s’y installe à la fin du XIIe siècle. Il fait mine d’entrer dans le jeu et de le réguler de tout son savoir-faire de clerc, qui prétend tantôt maîtriser la courtoisie à la mode et tantôt prendre ses distances. Il en résulte un savoureux mélange de pastiches, inspirés d’Ovide ou de la littérature vernaculaire allégorique et arthurienne, et de dialogues supposés enseigner l’art rhétorique de la séduction par la parole. L’ouvrage ouvre des aperçus sur le raffinement civilisateur que les grandes dames tentent alors d’instaurer dans les rapports sociaux et amoureux. Une édition légèrement remaniée d’après les témoins manuscrits est accompagnée ici d’une traduction qui cherche à rendre l’aspect à la fois compassé et neuf de cet art d’aimer, moins lié à la littérature courtoise qu’on ne l’a cru parfois.

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Le Moniage Guillaume (Honoré Champion, 2026)

Par Yoan Boudes, le 27 mars 2026Lire la suite

Le Moniage Guillaume. Chanson de geste du XIIe siècle, édition de la rédaction longue par Nelly Andrieux-Reix, traduction et notes par Magali Janet et François Suard, Paris, Honoré Champion, coll. « Classiques français du Moyen Âge », 2026.

Le Moniage Guillaume clôt le cycle des chansons de geste du cycle de Guillaume d’Orange, ce héros infatigable qui combat les Sarrasins pour servir Dieu et ses suzerains, Charlemagne puis Louis. Après la mort de son épouse Guibour, le héros, désireux de faire pénitence pour les fautes qu’il a commises au cours de sa vie chevaleresque, renonce au monde et décide d’entrer en religion. L’expérience monastique est un échec, du fait de la duplicité des moines ; il se tourne alors vers la vie érémitique. Par deux fois, il retrouve pourtant les périls et la grandeur du héros épique, combattant Synagon de Palerme qui l’a tenu dans sa prison pendant sept ans, puis assurant le salut du royaume et de la chrétienté en vainquant Ysoré à Paris. Le Moniage ne renonce donc pas à l’image guerrière de Guillaume, mais enrichit son personnage. Un accent nouveau est porté sur le caractère civilisateur du héros, tueur des brigands du Val de Sigré et de ceux qui s’en prennent aux ermites de Provence, vainqueur du géant qui veut lui interdire le lieu qu’il a choisi pour son ermitage, artisan du pont qui permettra aux pèlerins de Rocamadour ou de Saint-Jacques-de-Compostelle de franchir l’Hérault. Il apparaît aussi comme un sage, qui trouve dans l’arrachage des bonnes herbes de son jardin une expression métaphorique des erreurs du roi Louis écartant les bons conseillers au profit des mauvais. Sans que tout aspect comique disparaisse du texte, notamment avec la satire anti-monastique, la dimension religieuse prend ici, avec la conversion du héros au service de Dieu par la prière et le dénuement, une importance particulière. Et l’éloge de l’érémitisme consonne avec certaines préoccupations de la fin du XIIe siècle. Enfin l’histoire de l’évolution du héros vers la sainteté s’insère dans un cadre géographique d’une précision rarement égalée, dont le cœur est l’ancien monastère de Gellone, autrefois fondé par Guillaume de Toulouse, aujourd’hui Saint- Guilhem-le-Désert.

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