Souvent considérée, avec la Chanson de Roland dont elle subit l’influence, comme l’une des plus anciennes œuvres littéraires en langue française, la Vie de saint Alexis prend sa source dans une légende constituée à Edesse au cours du Ve siècle. Né à Rome (Constantinople dans la réalité historique) d’une famille de très haut rang, Alexis refuse de consommer le mariage que son père lui veut imposer et s’enfuit à Edesse, où il passe dix-sept ans incognito, en prière, mortification et privations. Puisqu’à la suite d’un miracle on veut l’élever à la dignité d’évêque, il refuse cette charge et embarque à nouveau. Porté par les vents, il retourne à Rome, où il vit encore dix-sept ans, déguisé en mendiant, logeant sous l’escalier du palais de son père, sans que personne, pas même ses parents ni son épouse, le reconnaisse. Avant d’expirer, il écrit l’histoire de sa vie sur un parchemin, afin qu’on puisse l’identifier. Ce poème anonyme en ancien français, ici accompagné d’une traduction en français moderne, est l’un des plus beaux textes hagiographiques que le Moyen Age nous ait transmis.

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Au tournant des XIIe-XIIIe siècles, le Jeu d’Adam inaugure l’histoire du théâtre français par la mise en scène des origines de l’histoire humaine: création, tentation et chute d’Adam et d’Eve, meurtre d’Abel. Mais, comme ces siècles ne regardent le péché qu’à travers le pardon, la succession des Prophètes du Christ fait entendre le message de l’espérance. Une édition critique – au sens philologique du terme – de l’unique copie de ce chef d’œuvre à la fois difficile et essentiel, malmené par les aléas d’une tradition complexe, s’imposait. S’appuyant sur une enquête codicologique, paléographique, linguistique, liturgique affranchie des idées en vogue et porteuse de nouveaux questionnements, toujours attentive à maintenir la distinction entre original et copie, elle replace aussi l’œuvre dans son environnement social et liturgique: le Jeu d’Adam s’inscrit dans la tradition du théâtre latin, qu’il subvertit en adoptant le français pour des dialogues d’une force et d’une finesse dramatiques sans précédent. La traduction en français moderne s’efforce de les rendre au plus près.

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Andrea Giraudo (éd.), Sermoni valdesi medievali

Par Patrick Moran, le 13 janvier 2017Lire la suite

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L'écriture entre mémoire et oubli : hommage à Krystyna Kasprzyk

textes réunis par Wiesław Kroker et Agata Sobczyk

Institut d'Études Romanes de l'Université de Varsovie, 2016

Le présent volume est un hommage à Krystyna Kasprzyk (1922-2012), professeur de littérature française du Moyen Âge et de la Renaissance à l’Université de Varsovie où elle a enseigné de 1952 à 1992. L’écriture entre mémoire et oubli, tel est le sujet autour duquel se sont réunis ici des chercheurs venant de plusieurs pays (la Pologne, la France, la Belgique, l’Italie), dont les contributions embrassent l’ensemble de l’histoire de la littérature française. Partant du constat du lien vital que l’écriture entretient avec la mémoire (en tant que conservatrice de la pensée et de la parole), ils n’en questionnent pas moins la part d’oubli, oubli qui est sa limite, son revers, sa condition même – enchevêtrement qui devient manifeste dans la notion, aujourd’hui centrale, de travail de la mémoire, autant dire de la construction du passé au présent, avec tous les problèmes éthiques que pose cette construction, y compris dans ses implications pour le futur.

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Souvent présentée comme une période charnière, la « Renaissance du XIIe siècle » voit fleurir les écoles : école de Laon, de Saint-Victor, de Paris, de Chartres, école d’Abélard aussi, auxquelles on peut ajouter le groupe formé par les Porrétains ou bien encore les « écoles du cloître » (chartreux, cisterciens, clunisiens).

L’« âge des écoles » marque ainsi le passage d’une forme de vie intellectuelle à une autre, l’évolution de la culture monastique vers la culture urbaine, qui verra la naissance de l’université de Paris au XIIIe siècle et l’avènement de la scolastique. Au moment où se produit un tel essor, la littérature en langue romane connaît une seconde naissance. La langue d’oc voit s’épanouir la lyrique tandis qu’au nord de la Loire, dès les dernières années du XIe siècle, les chansons de geste se répandent, avant que les romans et la poésie des trouvères ne fassent leur apparition. Loin d’être étrangers l’un à l’autre, ces deux phénomènes entretiennent des rapports nombreux et complexes qui valent d’autant plus d’être étudiés que le retentissement de ces écoles de pensée sur la littérature romane est perceptible bien au-delà du XIIe siècle. Telle est l’ambition de cet ouvrage, qui propose un bilan historiographique, de nombreuses études de cas et une réflexion à caractère épistémologique. 

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