Les chansons lyriques de croisade constituent un corpus littéraire encore relativement peu étudié ; a fortiori, l’articulation des femmes à ce massif textuel n’a guère été scrutée. Aucune des études dédiées au genre des chansons de croisade (Bédier/Aubry, Bec, Dijkstra, Paterson, Barbieri…) n’a en effet porté aux femmes une attention particulière, et parmi les travaux sur la place des femmes et de leurs voix au Moyen Âge et dans la littérature (e.a. W. Paden, A. Classen, A. L. Klinck et A. M. Rasmussen, S. Gaunt, M. Tyssens, A. Rieger), aucune ne s’est spécifiquement intéressée aux chansons de croisade. La place des femmes est pourtant importante dans ces textes dont elles sont, avec la Terre sainte, un enjeu considérable : ce sont elles que l’on quitte, dans l’espoir, parfois ténu, d’un amour plus grand ; c’est vers elles que l’on part ou que l’on revient ; c’est leur souvenir qui accompagne le croisé.

Le projet Troubadours, Trouvères and the Crusades de l’Université de Warwick met désormais à la disposition de la communauté scientifique le corpus de chansons lyriques de croisade françaises et occitanes dans des éditions revues et accessibles en ligne ; il devrait permettre une relance des recherches sur ce genre quelque peu délaissé par la critique récente. C’est dans ce cadre que s’inscrit ce colloque, qui a pour ambition de se pencher sur la représentation des femmes dans la production lyrique produite au sein d’une Europe occidentale médiévale aux prises avec la problématique de la croisade, dans un contexte social et religieux en pleine mutation. Source par elle-même d’importants bouleversements, l’entreprise de la croisade vient aussi réinterroger la place des femmes dans la société : leur fonction de régente sur les territoires du croisé, leur participation aux expéditions et à l’œuvre de salut chrétien, et leur éventuel affranchissement de la puissance masculine. 

Dans les chansons lyriques qui font écho aux événements de la croisade, les femmes sont tantôt sujets (voire autrices) de textes en « je » lyrique féminin (par exemple RS 1616, RS 1659, RS 1656b), tantôt objets du discours d’un énonciateur masculin (qu’il s’agisse de leur amant, ou d’autres hommes). Elles apparaissent en tant que Dame individuée d’un amant en particulier, ou comme représentatives du groupe auquel elles appartiennent. En outre, dans les textes à tournure exhortative et à dimension plus résolument politique et religieuse, il est de grand intérêt d’étudier la figuration des femmes comme objet intellectuel et sociétal.

Il s’agira donc de questionner les chants de croisade pour voir ce qu’ils disent des femmes, et ce qu’ils leur font dire. De même, on cherchera à comprendre les enjeux de ces voix de femmes et des motifs afférents, pour les auteurs et dans le paradigme de cette lyrique, qu’il s’agira de situer au sein d’une production discursive plus large : philologie, études littéraires, ainsi qu’histoire des émotions semblent pouvoir ici se saisir d’un tel ensemble de textes.

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Les propositions de communication doivent parvenir aux organisateurs avant le 30 juin 2017.

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Colloque international Université Rennes 2

16-17 mars 2018

"Les redistributions du genre dans la littérature de langue française du Moyen Âge à l'extrême contemporain : les reconfigurations du masculin et du féminin"

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Les propositions sont à envoyer avant le 1er juin 2017.

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