La Société de Langue et de Littérature médiévales d'Oc et d'Oïl réunit les enseignants de l'enseignement supérieur et les chercheurs français et étrangers spécialistes de ce domaine. Elle a plusieurs missions :
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développer et établir des contacts entre médiévistes littéraires et linguistes, en favorisant l’échange d’informations au niveau national et international ;
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encourager toute initiative tendant au développement des études médiévales (langue et littérature d’oc et d’oïl) au sein de l’université et en dehors ;
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stimuler la recherche, l’enseignement et la vulgarisation dans ces disciplines ;
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diffuser la recherche et les travaux des jeunes chercheurs.
À cette fin, le site conjointures.org propose un annuaire des membres, des informations mises à jour régulièrement (annonces de colloques, publications, informations officielles sur les postes et l’actualité ministérielle), un fichier des thèses et des documents bibliographiques à destination de l’enseignement secondaire.
Elle publie par ailleurs la revue Perspectives Médiévales, qui est accessible depuis l’automne 2012 sur le portail revues.org et co-organise avec l’université qui reçoit son Assemblée Générale un colloque, publié entre 2010 et 2019 par les Presses Universitaires de Paris-Sorbonne et, depuis 2021, en ligne sur le site des ressources en ligne de Librairie Droz.
Les médiévistes ayant un travail d'édition en cours peuvent le signaler à la section romane de l'IRHT via le lien ci-dessous :
https://romane.hypotheses.org/travaux-dedition-en-cours
Pour adhérer à la SLLMOO, vous pouvez contacter sa trésorière, Clotilde Dauphant. L'adhésion pour une année civile est de 30 € (10 € pour les doctorants) et le règlement peut se faire par chèque ou par virement.
Pour publier une annonce (sur une manifestation scientifique, une parution, un appel à contributions, etc., ou pour demander la mise à jour ou la création de votre page d’adhérent), vous pouvez contacter le webmestre de la Société, Yoan Boudes.
Journée d’étude organisée par Dominique Demartini (Sorbonne Nouvelle, CERAM/ EA 173), Claire Le Ninan (Sorbonne Nouvelle CERAM/ EA 173) et Gabriella Parussa (Sorbonne Université, STIH).
Sorbonne Université / Sorbonne nouvelle
20 mars 2026 – 28, rue Serpente, 75006 Paris

Présentation
« Cinq ou six strophes […] qui méritent de vivre », voilà ce qu’a retenu Lanson de la production poétique de Christine de Pizan. De peu de poids, mineur dans l’histoire de la littérature, le corpus lyrique de l’écrivaine l’est aussi au regard de la tradition médiévale où il est d’une part, disjoint de celui des trobairitz et des troverresses, d’autre part, occulté par ceux des poètes reconnus comme majeurs, pour ne citer que Guillaume de Machaut, Eustache Deschamps, Charles d’Orléans et François Villon. S’il subit en cela le sort réservé aux écrits de femmes, le corpus lyrique de Christine de Pizan se trouve paradoxalement minoré sous la plume même de l’écrivaine qui le présente volontiers comme une production légère, une œuvre de débutante, destinée à son propre passe-temps, ainsi qu’au divertissement des princes. Sur les pas de Boèce, elle délaisse les « Musetes des pouetes » pour se consacrer à une « plus haulte matiere », plus « pesans », qui lui inspire l’essentiel de son œuvre en prose. C’est cette œuvre « sérieuse », historique et politique, allégorique et philosophique, didactique, en guerre contre le Roman de la Rose et pour la défense des femmes, qui tend aujourd’hui à écraser de son poids la portée du corpus lyrique de l’écrivaine.
Au sein de ce dernier, seules semblent avoir mérité de vivre, les cinq ou six strophes de la onzième des Cent ballades. Seulettes elles-mêmes, elles campent la silhouette de la veuve dont elles constituent aujourd’hui la signature lyrique, condensant en « beaux élans d’affection émue » (Lanson), l’ensemble de son œuvre poétique. Or, cette œuvre est non seulement conséquente et régulière dans la production de Christine de Pizan, mais les remaniements successifs apportés par l’autrice prouvent le soin particulier qu’elle lui a accordé. En témoignent ses trois recueils. Si le public bénéficie tout récemment de deux éditions bilingues, les Cent ballades d’Amant et de Dame par Jacqueline Cerquiglini-Toulet, et l’anthologie publiée par Sarah Delale et Lucien Dugaz, l’œuvre poétique de Christine n’est toujours pas éditée dans son ensemble, si ce n’est dans l’ancienne édition de Maurice Roy, encore moins traduite, peu exploitée par la critique, et peu connue du public.
L’objectif de cette journée est d’inviter à relire la lyrique de Christine de Pizan afin de réévaluer son poids, sa dimension et sa place, en la reliant à l’ensemble de son œuvre, ainsi qu’à l’ensemble de la tradition lyrique antérieure et postérieure. Relier ce corpus au reste de l’œuvre de l’écrivaine implique de s’intéresser à ses différents modes d’inscription et d’intégration dans une œuvre majoritairement en prose, et aux fonctions affectées au choix du vers. Les pièces insérées, les recueils, ne font-ils que reformuler sur le mode lyrique, compris comme second, les idées énoncées sur un mode majeur par la prose ? Leur revient-il de dire non seulement, autrement, mais autre chose ? Relier cette œuvre lyrique à la tradition médiévale permettra d’y répondre, en évaluant sa dette et son apport à la poésie qui la précède, entre esthétique de l’imitation, de la réplique, et réappropriation.
L’étude de la traduction manuscrite, de la langue, du style de Christine de Pizan (sa « forte forge ») ; la perspective du genre et l’appropriation de la lyrique courtoise pensée par et pour les hommes ; la spécificité des différentes formes lyriques insérées ou mises en recueil ; les stratégies d’écriture et de publication, sont autant d’axes qui pourront être envisagés.
Retrouvez ici le programme de la journée.
Montpellier et Paris cités savantes. Jubilé des 150 ans de la Revue des langues romanes et de Romania, édité par Gilda Caiti-Russo, Valérie Fasseur, Sandrine Hériché-Pradeau, Sylvie Lefèvre, Catherine Nicolas et Jean-René Valette, Genève, Droz, 2026.

Retrouvez la présentation du numéro jubilaire et la table des matières sur le site de l'éditeur.
Comité d'organisation : Nathalie Bragantini-Maillard, Dominique Demartini,
Sébastien Douchet, Bénédicte Milland-Bove, Nora Viet
Placé sous l’égide du réseau LIMA·GE, et soutenu par l’Université Clermont-Auvergne, l’Université Sorbonne Nouvelle, le CELIS, le CERAM et l’IHRIM, ce colloque souhaite explorer, dans les textes du Moyen Âge, les rapports entre genre et âge,« systèmes qui interagissent constamment ». Ces deux catégories, souvent naturalisées et essentialisées malgré leur caractère construit et discursif, déterminent, par leur intersection, des trajectoires individuelles et organisent des rapports de pouvoir inter-individuels et collectifs, de façon spécifique selon les contextes spatio-temporels considérés. Envisagée comme un champ d’interaction entre société, discours et représentations, la littérature du Moyen Âge contribue à notre compréhension des phénomènes sociaux dans l’histoire, dans les mentalités et dans la culture. Dans le même temps, les problématiques sociétales sont constituées en objet poétique, esthétique et discursif par la littérature. C’est le domaine de ces interactions, qui relèvent des études de genre, de la sociopoétique et de la littérature, que le colloque prend comme objet.
Les croisements interdisciplinaires, qui sont au fondement des études de genre et de la sociopoétique, se verront allouer une place importante. Seront en particulier sollicités l’histoire, la sociologie historique, la linguistique, le droit et les sciences médicales, en vue de réfléchir à un socle épistémologique des études de genre et d’âge pour les textes médiévaux en général, sans se limiter à la littérature.
Retrouvez ici l'intégralité de l'appel à communication.
Le colloque prendra aussi en compte les propositions consacrées à la Basse Antiquité ainsi qu’au XVIe siècle dans une perspective élargie qui permettra de mieux comprendre les phénomènes sur le temps long. À ce titre, toutes les littératures et tous les types de textualité sont les bienvenus, quelles que soient leurs langues d’écriture.
Les projets de communication, d’une longueur de 300 à 400 mots, devront être adressés conjointement, avant le 31 mars 2026, à Nathalie Bragantini-Maillard, Dominique Demartini, Sébastien Douchet, Bénédicte Milland-Bove et Nora Viet.
Littérature et pensée scolastique (XIIIe-XVe siècle), sous la direction de Valérie Fasseur et Jean-René Valette, Paris, Beauchesne, « Théologie historique », 2026.

Scolastique : dérisoire ou sérieuse ? Savante ou bornée ? Ratiocination ou perfection rationnelle de l’investigation universelle ? Virtuosité intellectuelle ou fi gement formel ? Peu de mots, assurément, résonnent de manière aussi contradictoire dans notre chambre cognitive.
Faut-il s’en étonner ? La scolastique, avec le Sic et non d’Abélard au xiie siècle, se construit sur l’exploration inextinguible de la contradiction. Elle progresse vers la vérité grâce au kaléidoscope des possibles logiques. En son âge d’or, du xiiie au xve siècle, auxquels est consacré ce volume, elle ne structure pas seulement la pensée des intellectuels. Imprimant sa forme et ses processus heuristiques à la littérature – latine ou romane – qu’elle érige en son extension, elle trouve en celle-ci non seulement un réceptacle et un lieu de diff usion, mais un révélateur. Codifi ée mais libre comme une forme fixe, elle est littérature à part entière, partageant avec elle les ambitions et les modalités protéiformes d’une architectonique savante dévouée à l’éveil de l’esprit.
Les vingt-quatre contributions ici réunies sondent la manière dont la littérature médiévale, tirant parti de sa propre diversité, sérieuse, comique, savante, ambiguë ou critique, s’est emparée de la scolastique pour faire d’un phénomène social qui aurait pu devenir un puissant outil de contrôle, un formidable moteur d’émancipation individuelle.
Retrouvez la présentation de l'ouvrage sur le site de l'éditeur.
Anthologie des Rhétoriqueurs, sous la direction d'Ellen Delvallée et Estelle Doudet, avec les contributions de François Cornilliat, Nathalie Dauvois, Adeline Desbois-Ientile, Philippe Frieden, Sandra Provini et de Natalia Bercea-Bocskai, Lucien Dugaz et Benedetta Salvati, Paris, Classiques Garnier, 2026.

Depuis la parution de l’Anthologie des Grands Rhétoriqueurs de P. Zumthor il y a près d’un demi-siècle, aucun travail d’envergure n’avait donné accès de manière globale aux oeuvres originales de ces poètes, chroniqueurs et dramaturges qui ont dominé le champ littéraire d’expression française des années 1450 à 1530.
Doté d’une introduction à jour sur l’état de la recherche et de différents outils de travail, ce livre, entièrement téléchargeable gratuitement, propose de redécouvrir une trentaine d’écrivains de France, Bourgogne, Bretagne, Savoie ainsi que leurs relations avec l’humanisme et l'Italie, via l’édition et le commentaire de 76 extraits et pièces intégrales.
Annonce par Estelle Doudet (UNIL)
Retrouvez la présentation et la table des matières sur le site de l'éditeur.
Professeur de lettres au lycée parisien Jacques-Decour, Marie-Laure Bulliard propose aux élèves de seconde de découvrir la poésie médiévale à travers la lecture et l’étude du recueil Cent ballades d’amant et de dame, de Christine de Pizan, dont Jacqueline Cerquiligni-Toulet a réalisé une traduction et une édition chez Gallimard. Elle porte sur les Cent ballades d'Amant et de Dame de Christine de Pizan avec une ouverture sur Le Livre de la Cité des dames. Tous nos remerciements à elle pour cette ressource diffusée ici.

Retrouvez ici (et dans notre onglet « Secondaire ») le document de présentation de l'ensemble de la séquence.