Présentation

Par Patrick Moran, le 29 mai 2018Lire la suite

La Société de Langue et de Littérature médiévales d'Oc et d'Oïl réunit les enseignants de l'enseignement supérieur et les chercheurs français et étrangers spécialistes de ce domaine. Elle a plusieurs missions :

  • Développer et établir des contacts entre médiévistes littéraires et linguistes, en favorisant l’échange d’informations au niveau national et international ;
  • Encourager toute initiative tendant au développement des études médiévales (langue et littérature d’oc et d’oïl) au sein de l’université et en dehors ;
  • Stimuler la recherche, l’enseignement et la vulgarisation dans ces disciplines ;
  • Diffuser la recherche et les travaux des jeunes chercheurs.

A cette fin, le site conjointures.org propose un annuaire des membres, des informations mises à jour régulièrement (annonces de colloques, publications, informations officielles sur les postes et l’actualité ministérielle), un fichier des thèses et des documents bibliographiques à destination de l’enseignement secondaire.

Elle publie par ailleurs la revue Perspectives Médiévales, qui est accessible depuis l’automne 2012 sur le portail revues.org (http://peme.revues.org) et co-organise avec l’université qui reçoit son Assemblée Générale un colloque, publié depuis 2010 par les Presses Universitaires de Paris-Sorbonne.

Mots clés : littérature médiévale, français médiéval, oc, oïl, enseignement supérieur, histoire littéraire, histoire de la langue

VIIe colloque de l'Association Internationale des Etudes sur le Moyen Français : Histoire de la littérature, histoire de la langue (1965-2015). Bilan et perspectives.

Le colloque aura lieu du 13 au 16 juin 2018, à la Sorbonne et à l'Institut de France.

Il est obligatoire de s'inscrire par mail auprès de clotilde.dauphant@gmail.com pour pouvoir accéder au colloque.

Pour consulter le programme du colloque, cliquez sur ce lien.

Zrinka Stahuljak, L'Archéologie pornographique. Médecine, Moyen Âge et histoire de France, Rennes, PUR, 2018

Il n’y a pas de nation française ni d’histoire de France sans la sexualité. On sait depuis Michel Foucault que la sexualité a même constitué la nation française au xix siècle. Mais quel lien entre l’ordre militaire des Templiers et la colonisation de l’Algérie par la France en 1830 ? Ou entre Gilles de Rais, maréchal du xve siècle, et la théorie du sadisme par Richard von Krafft-Ebing ? Entre l’amour courtois et la loi de 1884 légalisant le divorce ? Ou encore entre le Moyen Âge, institué berceau de la nation par la République, et le choix du récit national dans les domaines de la littérature et de l’art médiévaux ? 

La médecine du xixe siècle qui était le moteur principal – intellectuel, moral et disciplinaire – dans la formation moderne de la nation française et l’écriture de l’histoire de France fondait chacune de ses théories et de ses propositions de lois dans le berceau médiéval. Un grand choix de textes scientifiques et vulgarisateurs, certains présentés pour la première fois, permettent l’étude du sexe, du sang, de la race et de l’amour aux xixe et début du xxe siècle et démontrent comment l’histoire et le Moyen Âge, obsessions de la médecine, ont défini la famille, le mariage et le divorce, l’hygiène (les maladies, les vices et les tares), les mœurs et les politiques raciale et coloniale en Europe, notions toujours vives dans le débat contemporain. 

Pour consulter la présentation de l'ouvrage, cliquez sur ce lien.

 

La professeure Zrinka Stahuljak (littérature médiévale et comparée, UCLA) donnera un séminaire sur "Les fixeurs au Moyen Âge" au Collège de France les 1er, 8, 15 et 22 juin 2018 (16h-17h30).

Depuis l’engagement occidental en Afghanistan et en Iraq, le terme de « fixeur » est devenu fréquent pour désigner, quasi exclusivement, des hommes qui rendent des services multiples aux journalistes et aux armées étrangères. Le fixeur est en réalité un très vieux terme journalistique qui désigne un homme à tout faire dans des situations de conflit : c’est celui qui fait interprète, informateur, guide, médiateur, fournisseur, chauffeur, en bref, tout ce qu’il faut à un journaliste, voire à un militaire, pour survivre et travailler en terrain hostile. C’est un intermédiaire, un facilitateur qui possède de multiples savoirs et techniques. Son principal domaine d’action se situe donc dans des situations de conflit qui exigent une intervention bilingue, entre deux langues mutuellement inintelligibles.

Le fixeur n’est pas pour autant une profession ou un métier mais une position très ancienne.

La première partie du séminaire portera sur une définition des fixeurs, théorique et historique. Comment se traduit le rôle qu’ont joué les fixeurs au Moyen Âge ? Qu’apporte l’analyse de cette position au domaine de la traduction et à la formation et la transmission des savoirs de l’époque ? À travers leur expérience historique de vie et de mort seront travaillées les notions d’éthique (une position sans code professionnel est-elle sujette à une éthique ?), de don et de contrat (leur travail relève-t-il d’une logique du marché, de l’économie d’échange ?), de courtoisie (que signifie le paiement de « courtoisie » effectué par les voyageurs au Moyen Orient ?) et de violence (le fixeur est à la fois instrument de conquête et traître). Si le fixeur s’avère être un personnage ambivalent (c’est celui qui assure notre sauvegarde mais dont on a peur), comment cette ambivalence s’exprime-t-elle au niveau d’un système, d’un réseau ?

Ces notions seront mises à l’épreuve dans la deuxième partie du séminaire, consacrée à la question, en apparence plus métaphorique, des « nations-fixeurs ». Qu’advient-il quand un régime politique se veut être fixeur, comme le duché de Bourgogne du XVe siècle ? Quels en étaient l’imaginaire et les effets ? À partir des inventaires des richissimes bibliothèques bourguignonnes sera proposée l’idée que les fictions politiques constituaient une archéologie du possible, celle-là même qui a ouvert la voie au grand empire transatlantique du XVIe siècle, celui de Charles V.

Appel à projets pour une bourse doctorale (projet ALFA)

Par Patrick Moran, le 23 mai 2018Lire la suite

Le projet ALFA (Alfonsine Astronomy), financé par l'ERC, lance un appel à projets pour une bourse doctorale de trois ans débutant le 1er octobre 2018.

La date limite de dépôt des candidatures est le 31 mai 2018.

Pour consulter l'appel à projet, cliquez sur ce lien.

Genèses et filiations

En mêlant intimement sa vie et son œuvre, Christine de Pizan ne cesse de convoquer et d’inscrire dans ses textes sa propre filiation ; elle écrit tout en étant fille et mère. D’autres filiations, littéraires et fictionnelles, tendent à se superposer à cette filiation biologique : d’une œuvre à l’autre se construisent et s’inventent des processus de genèse et d’engendrement et, avec eux, d’autres mères et d’autres pères ; des alliances nouvelles, pour la veuve qu’elle est. On envisagera ces filiations réelles ou imaginaires, matrilinéaires ou patrilinéaires, et leurs arborescences. On se demandera ce qui les soude, lorsque ce n’est plus la chair qui les fonde, et pour quels enjeux idéologiques.

On interrogera également certaines contradictions apparentes : la valorisation de la virginité, de la chasteté, récurrente sous la plume de Christine de Pizan, et la nécessité du lignage ; la promotion de soi à laquelle l’auteure se livre et l’absence de revendications pour les « filles » auxquelles elle s’adresse.

Genèse et filiation sont aussi au cœur de la réflexion sur les textes eux-mêmes, sur leur mode d’engendrement et de transmission, à travers l’analyse des différentes rédactions d’auteure, et de la filiation de celles-ci aux copies tardives, jusqu’aux remaniements et aux traductions.
On pourra s’intéresser à la filiation entre le texte et les images dans les différentes copies de présentation, ou encore à leurs rapports avec les images des manuscrits tardifs.

Enfin, la question de la genèse et de la filiation peut suggérer des réflexions sur plusieurs niveaux de la langue, notamment la syntaxe (l’étude de l’engendrement des phrases) et le lexique (la filiation des néologismes du latin ou de l’italien au français).

Les langues du colloque seront le français, l’anglais et l’italien.
Chaque communication aura une durée de 20 minutes. L’organisation d’ateliers (regroupant jusqu’à 4 communications) et de tables rondes est encouragée.

Les propositions doivent parvenir au comité avant le 15 septembre 2018. Pour consulter l'appel à communications en français, cliquez sur ce lien ; pour le consulter en anglais, cliquez sur celui-ci.

Littérature, histoire : lectures médiévales croisées

            Les frontières entre la littérature et l’histoire sont poreuses au Moyen Âge, suscitant maints questionnements sur l’écriture de l’histoire : ceux que se posent aujourd’hui les médiévistes littéraires et historiens — entretenus et ravivés par la vogue des romans se colletant à l’histoire —, ceux que se posaient, plus ou moins diffusément, les médiévaux eux-mêmes. La nature des sources, textes « littéraires », archives et chartes, et le canevas du récit, ou sa poétique, induisent en effet le rapprochement des deux disciplines. Mais la littérature comme l’histoire supposent des méthodes d’approche fort différentes et parfois conflictuelles. L’historien s’approprie les textes littéraires pour aborder l’objet envisagé ; le littéraire s’efforce de débusquer une saisie du réel dans les textes où l’histoire côtoie la fiction, laquelle introduit toujours « un surcroît de rationalité » (Jacques Rancière, Les Bords de la fiction, 2017).

L’objectif de ces rencontres, conçues comme des ateliers, est de soumettre des textes médiévaux et des « genres » circonscrits à la double lecture d’historiens et de littéraires, afin de mettre en évidence la singularité, mais aussi la nécessaire complémentarité des deux disciplines.

Vendredi 18 mai 2018 :

Pierre CHASTANG (Versailles Saint Quentin en Yvelines), Éléonore ANDRIEU (Université de Toulouse le Mirail) : « Autour de Guilhem/Guillaume d'Orange : écritures, textes, documents »

Contacts

Etienne Anheim : etienne.anheim@ehess.fr

Catherine Croizy-Naquet : catherine.naquet@gmail.com

Michelle Szkilnik :mszkilnik@numericable.fr

Les rencontres se tiendront de 13h à 16h, à la Sorbonne,

salle de l’École doctorale de Littérature française et comparée

(salle Max Milner)

escalier C, 2e étage, 17 rue de la Sorbonne, 75005 Paris

http://www.univ-paris3.fr/cema

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